Images du corps et leur destin 3

L’Image Inconsciente du Corps, F.DOLTO, Coll Points/Essais, Editions Seuil 1984


Cette partie de l’œuvre de F.DOLTO est présentée en abordant spécifiquement les thèmes suivants :
  • L’évolution des images du corps ;
  • La notion de castration ;
  • Les différentes castrations.

La contribution présente prolonge le travail antérieur, en s’intéressant maintenant au passage de la castration primordiale (stade du miroir) aux castrations dites primaire et secondaire (synthèse).



I-Précisions définitionnelles


Les notions de castrations primaire et secondaire renvoient à l’aspect nodal organisateur du complexe d’Œdipe. La castration primaire serait alors celle qui est donnée avant l’Œdipe, et la secondaire serait celle donnée après l’Œdipe.

Le passage fondamentalement important préalable à la castration primaire est le stade du Miroir, comme base, fondement du narcissisme individuel.

II-Le stade du miroir


A-Définition

C’est le stade au cours duquel, l’enfant encore immature dans son langage, sa motricité, qui perçoit encore son corps comme simple prolongement de celui de la mère, intègre sa dimension unique de sujet, dans un corps propre (distinct donc de celui de la mère), pouvant entrer en communication avec l’autre, par conséquent, par l’usage du langage (en l’occurrence celui du groupe, de la cellule familiale dans lequel il se trouve).

B-Etapes de l’expérience scopique et ses apports

  • L’enfant perçoit une image, l’image d’un autre… qui bouge comme lui… qui suscite son intérêt. Ne parvenant à atteindre cet autre, il se tourne vers la mère (ou l’adulte tutélaire qui est là). C’est la parole de cet adulte-là qui vient permettre la réalisation de l’expérience. En signifiant « C’est Toi… X… Regarde, ce sont tes cheveux, etc », en disant, en exprimant dans son regard, les intonations de sa voix, la mère (par exemple) permet à l’enfant de s’organiser, se percevoir en corps propre.
  • L’enfant intègre alors la dimension motrice de son corps, un corps avec des caractéristiques différentes de celles de la mère, un corps avec un visage… dont il est parlé, dit des choses (le contexte émotionnel de la personne impacte l’impression et la réception de l’enfant de son corps et de son visage).
  • Le corps s’unifie, l’identité se construit sur des bases observables. Les fondements du narcissisme s’établissent (narcissisme primaire).

Avant cette expérience du miroir, c’est le schéma corporel maternel qui donne sens au narcissisme primordial, archaïque, « pré-moïque » de l’enfant. L’enfant s’informe de l’inconscient maternel et s’y accorde, se conformant à la façon dont elle le regarde. Tout son être s’accorde aux émois que suscite sa présence aux gens qui s’occupent de lui. Sa « vivance » (caractère passif) et sa vitalité (sens actif, moteur), son sexe, s’accordent aux émois ressentis par ces personnes qui s’occupent de lui et revivent l’histoire de leur propre narcissisme. La perception de son corps (volumes et trous) passe conjointement par le contact des mains de la mère avec ses surfaces corporelles et par l’exploration, avec ses mains à lui, du corps de la mère.

Ce n’est qu’avec le miroir que l’image du corps qu’il voit, informe son propre schéma corporel, dans un échange langagier qui construit l’image du corps pour le sujet en référence à sa mère. Cela signifie qu’il n’en découvre l’apparente intégrité, le caractère euphorisant ou non, que si son narcissisme se satisfait de l’image vue dans le miroir, et que tout autre pourrait donc également voir.

  • Dans le prolongement, c’est après l’expérience individuelle du miroir que l’enfant commence à s’intéresser aux corps des autres. Cette découverte de SON corps par rapport à celui des autres, semblable et différent, de dos comme de face, lui permet d’intégrer le fait même d’être humain (et d’abandonner se faisant, le vécu d’animalité auquel il pouvait croire avant cette expérience scopique).

C-Rôle essentiel de la mère (ou parent, adulte nourricier et apportant les soins)

  • La dimension scopique seule de l’expérience du miroir ne permet guère à l’enfant de s’ancrer en tant qu’être unique, vivant et humain, distinct du corps de la mère et en relation avec des autres construits comme lui et différemment aussi.

Avec la surface plane, sans autre, l’enfant risque de se perdre dans son image (cela pouvant conduire à une forme de schizophrénie). Certains autres enfants sombrent quant à eux dans l’autisme, par contemplation de leur image dans le miroir, en tant que supplétif de l’autre absent, venant illusionner la/une présence, une relation à l’autre. Cet enfant finit par se contenter de cette image pour communiquer… avec l’autre/lui.

Une glace seule n’apporte que dureté, froideur, ou encore l’idée d’une eau dormante, dans laquelle, attiré par cette eau, l’enfant tel Narcisse, ne rencontre jamais personne… il ne rencontre qu’une image, qui infirme le sentiment d’exister.

  • Le narcissisme primaire s’ente vraiment sur le narcissisme antérieur, primordial, au travers l’échange langagier et émotionnel avec la mère. C’est la retrouvaille rythmée de références spécifiques de la mère qui est nécessaire à la pérennité de la cohésion narcissique de l’enfant.

D-Les écueils de cette phase

  • L’absence prolongée de la mère, entretient un rapport du moi/moi, illusionnant la présence absente, base possible d’un autisme de l’enfant. Quand cette absence est « compensée » d’un illusion de multiples autres (comme ce serait le cas avec une salle pleine de miroirs), l’enfant peut entretenir un rapport au monde-lui et pleins d’autres-lui, contexte favorable à une forme de schizophrénie ;
  • La carence langagière dévalorise toujours l’enfant en ce sens qu’il se perçoit comme l’objet du manque d’émois affectifs de sa mère, ce qui impacte foncièrement son fondement narcissique (narcissisme primordial affecté, puis primaire en conséquence) ;
  • La construction du Moi-Je, en tant que femme/homme, se fait toujours par référence au vagin/phallus des membres de la famille (parents, mais aussi possiblement frères et sœurs). Si le parent/référent de son sexe lui paraît dévalorisé par l’autre ou par rapport à l’autre (les propos, les comportements dépréciatifs etc), alors il ne peut pas se sentir valeureux d’être homme ou femme.

**L’enfant peut alors se ressentir avec un visage correspondant à ce qu’il est (fille ou garçon), mais avec un sexe dont il dénie les sensations (avant de les refouler plus tard), un sexe dont il n’accepte que les plaisirs fonctionnels (aller à la selle, uriner ou non etc) ;**L’enfant peut encore bien se sentir avec un visage correspondant à ce qu’il est (fille ou garçon), avec un sexe correspondant bien à ce qu’il se sent être, mais dont les comportements psycho-sociaux (façon de parler, attitudes etc) trahissent une incapacité d’acceptation. En fait, en société, il devient incapable d’accorder son visage et son sexe…


Dans les 2 cas, l’enfant se sent humain, mais de sexe indifférencié, indifférenciable ?
Il ressent ou bien un visage, ou bien un sexe, l’un ou l’autre domine, mais ne se correspondent pas. Quand il se ressent sexué, il se vit sur le mode de l’animalité ; quand il parle, il se sent humain, mais de sexe indéterminé. Entre ces 2 modes d’être au monde, son expression est fragile, et il n’est plus cohésif.
« La réussite scolaire peut, en le valorisant parmi les autres, l’aider à GARDER la FACE, mais des psychoses, ou enclaves psychotiques, se fixent dans ces images d’alternatives, qui demeurent à bas bruit dans la structure neutralisée de l’enfant quant à son sexe… et qui se révèleront plus tard… car sur cette base dissociée, il ne peut ni s’engager dans l’Œdipe, ni le résoudre » (p.160).

III-La castration primaire [castration génitale, non Oedipienne]


1-Elle résulte d’une rencontre conjointe : de l’expérience initiatique pour l’imaginaire du miroir ; avec l’assomption du sujet (avec un visage garant d’un désir en accord avec son sexe) ; d’une intuition d’un avenir (sur les traces du modèle environnant).

  • Elle arrive après l’intégration mentale consciente des lois éthiques et anales (interdit du cannibalisme, du vandalisme et du meurtre), qui articulent au narcissisme, la fierté ou la honte, d’un agir, selon qu’il est perçu comme éthique ou non.
  • Elle est le pont entre la castration anale et la castration génitale oedipienne, qui la suit directement.
  • Elle se traduit par ces moments de honte, sentiment de pudeur (résultant précisément de l’expérience symbolique et dialectique du miroir) : ne pas se montrer nu, se cacher ou ne pas oser regarder à la fois le visage et le sexe d’une personne qui est dans la réalité constitutive du moi-idéal.

2-Il existe une personne-modèle pour l’enfant, qui se trouve être la référence de son Moi-Idéal ;
Ce n’est qu’avec l’expérience de l’Œdipe que se révèle pour l’enfant le sexe de cette personne.

3-Elle accompagne la phase de découverte de la différence des sexes (après 30 mois), de son sexe propre comme « maman » ou « papa », et subtilement, des lois de la fécondité, avec émergence du désir de parentalité en son avenir propre.

  • Vers 3 ans, selon l’initiation verbale qu’il a eue, l’enfant connaît son nom, son adresse, son appartenance familiale. Il est devenu capable de « s’auto-materner » assez pour ne pas mourir de faim s’il dispose de quoi manger à proximité, et de « s’auto-paterner » en prenant intérêt et plaisir à tout ce qui l’entoure, sans prise de risques dangereuse pour lui, et s’il connaît suffisamment l’espace dans lequel l’on introduit ses proches, il sait se conduire (socialement). Cet enfant grandit et devient désireux de s’identifier aux adultes tutélaires (parents/aînés parfois).

  • C’est alors que son obstination et son désir de savoir l’amènent à questionner l’origine et le fonctionnement des choses (« C’est quoi ? Pourquoi ? Comment ça marche ? etc »). De fait, il interroge le sexe, le sien, celui de l’autre qui est pareil ou différent ; la fonctionnalité du sexe ; et bien sûr, l’origine des bébés, et donc son origine à lui.
  • Le sexe est toujours une surprenante découverte, aussitôt référée au plaisir, que procure l’excitation de la zone…
  • C’est alors que les choses se compliquent parfois, les parents éludant assez systématiquement les questions : « il y aurait mystiquement, quelque chose de mal à poser ces questions » (p.171).

« C’est que les parents sont des adultes qui ont totalement oublié la manière de penser, et de sentir, de leur petite enfance, se sentant mis en question au plus intime d’eux-mêmes ; et sont stupéfaits, presque parfois gênés, d’avoir la révélation que leur enfant éprouve un plaisir qu’ils croyaient réservé aux adultes, en relation à des émois qu’ils imaginent liés à un sexe totalement développé, dans un corps aux caractères sexuels secondaires complètement apparents » (p.171).

  • Les paroles vraies au sujet du sexe, de sa fonctionnalité physiologique, de son rôle dans la reproduction, mais aussi dans l’obtention du plaisir (faire l’amour pour se faire du bien, autrement donc que dans l’unique perspective de se reproduire), l’ancrent, le réfèrent à la conformité de son sexe, le projettent dans un avenir de femme ou d’homme : « c’est cela qui donne valeur au langage et valeur sociale à son sexe et lui-même (…) [préparant] un avenir sain pour sa génitalité » (p.166).

IV-La castration secondaire [castration génitale Oedipienne]


Elle intervient au cours de la période qui suit directement la découverte de l’appartenance sexuelle de l’enfant, et accompagne la résolution d’une période conflictuelle et anxiogène dans la relation aux parents, appelée complexe d’Œdipe en psychanalyse.

A-Objet sexué…. Objet sexuel

  • Dès que l’enfant a la connaissance de son appartenance sexuelle, l’image de son corps évolue : elle n’est plus inconsciente, elle devient « consciemment celle qui doit s’accorder dans la réalité d’un corps qui sera plus tard celui d’un homme ou d’une femme » (p.186).

  • En tant que sujet, il éprouve un désir par rapport à l’avenir : celui d’être comme celui qu’il aime le plus à ce moment de sa vie (le père… en tout cas, le représentant phallique).
    [c’est la raison pour laquelle il est si important qu’il ait été répondu aux questions de l’enfant au sujet du rôle du père dans sa conception et sa naissance ; rôle suivant la nature de l’union sexuelle, rôle suivant la loi dans la reconnaissance de l’enfant (ou non) devant l’état civil et rôle affectif dans la prise en charge de l’enfant].

  • Au départ de cette phase, l’enfant s’envisageant comme sujet sexué et sexuel, souhaite rivaliser avec le père pour posséder la mère à lui seul… Le garçon reste sur cette position hétérosexuelle, tandis que la fille évolue de position homosexuelle à position hétérosexuelle.

*Dans le cas du garçon : le désir de la mère l’amène naturellement à s’identifier au père ; puis, une fois que la castration de l’interdit de l’inceste est donnée, il change d’objet de désir (la mère) pour un objet extra-familial ;*Dans le cas de la fille : le désir de la mère la met directement dans une situation de s’y conformer, de lui ressembler… (habillage, activités, etc) jusqu’à pouvoir lui rivaliser le père. C’est la castration oedipienne qui lui permet, comme le garçon, de chercher un autre objet que le père au sein de l’exotype social plus large.


B-Causes possibles de conflits oedipiens pathologiques

Les conflits oedipiens pathologiques (ceux qui entraînent une déréliction du sentiment d’appartenance au sexe qui est le sien) surviennent par exemple :
  • quand la mère, et quel qu’en soit le motif, n’a pas dit la vérité sur la filiation ;
  • quand les drames quotidiens sont continus, avec une mère subissant une attitude dévalorisante du père, amenant à méjuger le père, ou l’inverse.

Même si la situation parentale est compliquée (couples « boîteux », les mère/pères célibataires, les parents divorcés etc), l’important est de soutenir l’enfant, « l’aider à se prendre en charge et à parler, sans avoir honte de ce qui se passe (un enfant, même quand il vit des situations très difficiles, exprime toujours des choses positives de ses parents et du fonctionnement de leur couple (il trouvera toujours quelque chose pour les excuser). Si ses parents font problème, l’important est de l’aider à pouvoir continuer à se développer dans l’ordre de sa génitude ; il doit être soutenu dans l’effort pour garder confiance en lui en tant que leur fille/fils (« soutenir le narcissisme de l’enfant », p.187).

C-Le PERE, le PHALLUS dans l’Oedipe

  • La castration secondaire consiste en l’intervention du père (le phallus) pour signifier très clairement l’interdit de l’inceste… C’est la verbalisation sans ambage, clairement exprimée, qui permet la libération du désir pour une réalisation hors du milieu familial.

Le défaut de présence active du père à ce stade impacte fortement l’évolution génitale du sujet.

*Pour le garçon : la carence paternelle peut engendrer un choix de persistance, de maintien dans une position libidinale strictement narcissique, avec orientation vers un objet destiné à satisfaire la satisfaction de ses seuls plaisirs partiels génitaux ; ou, l’amener à intérioriser la violence, l’agressivité, l’irrespect de son père à l’égard de la gente féminine.


Dans tous les cas, le rejet d’un père autoritaire, violent (ne fonctionnant donc que sur le mode des pulsions orales, anales, urétrales) se satisfait dans la dépendance (alcool, cannabis, cocaïne), ou la tendance paranoïaque, et inscrit chez le garçon qui porte son nom l’idée que c’est par les pulsions urétro-anales que l’homme est « citoyen valeureux en société ». C’est donc un individu qui garde une imprégnation homosexuelle forte (passive, avec identification à la mère dépressive mais valeureuse puisqu’elle protège du père, ou active, structurée alors sur les rapports au père dont l’exemple l’amène à penser que c’est cela que d’être homme) ;

*Pour la fille : la carence paternelle, ou sa violence, rend difficile pour elle la découverte d’un chemin pour aller vers un objet qui la rende mère (c’est son désir à elle, dès le départ), mais pire, elle peut ne même plus le désirer, en tout cas sur le schéma parental qui lui est offert… plutôt que d’intérioriser les valeurs passives de la mère, elle peut envisager au contraire d’incorporer les valeurs actives qui lui permettront de protéger la mère, la femme, les femmes (homosexualité « active ») ou de rester sur le mode exemplaire de la mère et de ses motions passives, mais dans un rejet du sexe opposé (homosexualité passive).


Pour entrer dans l’Œdipe, la fille tente nécessairement de transgresser l’interdit de l’inceste, en faisant « tomber son père dans un piège séducteur » (p.193). (La fille n’a pas de pulsions actives centrifuges péniennes du garçon. Par rapport au phallus, ses pulsions sont centripètes. Elle attire, guette, amène à elle, dans le fantasme d’être « prise, pénétrée comme Maman l’est par Papa », p.193). Son fantasme d’être l’objet sexuel du père l’amène à développer des qualités dites féminines véhiculées et promotionnées par la société : bien apprendre ses leçons, faire ses devoirs, bien se tenir, être toujours propre, avoir de bonnes notes, développer des qualités liées à l’entretien du ménage, du foyer etc…
Ce piège séducteur entraînant le père ne lui permet plus de sortir de l’Œdipe : elle y reste puisque le père la reconnaît et s’adresse à elle comme il devrait le faire avec sa femme.

Nombre d’enfants ont mal vécu leur Œdipe ou leur sortie de l’Œdipe par manque de castration, c'est-à-dire de verbalisation de l’interdit de l’inceste, qui libère le désir pour une valorisation hors du milieu familial.

D-Rôle des parents après l’Œdipe

En période de latence, la cellule familiale reste prépondérante, les rôles et fonctions parentales sont les références. Ce sont eux ces parents (parfois les aînés) qui accompagnent les échecs, les déconvenues, les peines. Ici, la façon de réagir des « grands », des adultes (parents souvent) pour soutenir ou culpabiliser impacte profondément le psychisme et la vulnérabilité agissante de l’enfant. Cet enfant est très sensible à l’écoute discrète de la « présence chaste, compatissante » de l’adulte qui, sans reproche ni discours moralisateur l’écoute ».

« Ce n’est que par la reconnaissance qu’ont les parents de leur propre valeur et en même temps, par l’amour et la confiance qu’ils lui montrent, que l’enfant se sent valorisé et soutenu pour dépasser ses échecs dans la confiance en soi, liée précisément à ce qu’il est précisément l’enfant de ces deux là » (p.199).

Cette confiance, cette affection et cet intérêt chaste des parents pour l’enfant sont irremplaçables après l’Œdipe, car l’affection de ses parents est nécessaire au moment même où il se pense sans aucune valeur à leurs yeux.

« Le discours moralisateur, autant que les privautés d’une tendresse consolatrice sont nocifs à court ou long terme, car l’enfant doit continuer à se dégager de la dépendance parentale », (p.199).

Avec la castration secondaire génitale oedipienne, les parents aident à dépasser des modes de raisonnement et d’affectivité pré-oedipiens et oedipiens… Ils sont des référents, importants, parmi d’autres rencontrés à l’extérieur de la cellule familiale.

E-Apports narcissiques de la castration génitale oedipienne

Après la période de latence (psychique et physiologique), l’importante poussée hormonale favorise l’apparition des caractères sexuels secondaires. Cette poussée, ce développement brutal replonge l’adolescent (dans son imaginaire en tout cas) dans ses représentations de désirs connus au moment de l’imminente castration oedipienne.

Le narcissisme se développe sur les bases antérieures :
  • les aptitudes technologiques, culturelles, acquises au cours de la phase de latence, pour le plaisir narcissique personnel mais aussi pour triompher d’un rival, se remanient en vocation : c’est le désir de jouer un rôle dans la société, d’y tenir une place (l’adolescent sort, se montre) ;
  • le désir d’assumer ses besoins et ses désirs, de vivre ailleurs qu’au foyer, de fréquenter des amis des 2 sexes sans surveillance s’exprime et incite à prise d’initiatives vers le dehors, l’extérieur, la société. Le jeune prend de plus en plus part à la vie sociale et civique, il s’y engage… Sa capacité à se promouvoir dans ce contexte vient renforcer sa structure narcissique.

Alexandra D. MOTSCH-MÜLLER